Après la mort d’une âme sœur, comment continuer à vivre ?

Ce matin, je vous donne une partie de ma vie. A vous mes Édith et mes Andy, je partage quelque chose me tenant très à cœur. Le deuil qu’est-il ? Comment faire son deuil ? Peut-on faire son deuil un an voir cinq ans après le décès d’une personne proche ? Ces questions sont souvent posées après un drame que ce soit une mort naturelle ou causée par la personne ou causée par une/plusieurs tierces personnes.

Le 21 janvier 2018, j’ai appris une très très mauvaise nouvelle. Tellement celle-ci était forte, je l’avais partagée avec vous sur ma page Facebook. Vous vous en rappelez ? Quelque chose s’est brisée en moi, mon cœur a été détruit en un claquement de doigts. L’année dernière, je ne me rendais pas compte de cette mort car j’avais mon opération suite au diagnostique de mon endométriose. Avec la convalescence et les douleurs, mon cerveau a supprimé cette partie, cette annonce jusqu’à ce que le 21 janvier 2019 sonne à ma porte. Effectivement, ce n’est qu’à l’heure actuelle que je me rends compte que Richard est mort. 

Le deuil

Dans le dictionnaire, voici ce que signifie le mot “Deuil”: perte, décès d’un parent, d’un ami; temps pendant lequel on porte ces signes extérieurs; processus psychique mis en œuvre par le sujet à la perte d’un objet d’amour externe. Faire son deuil n’est pas forcément le faire de faire le deuil d’une personne. Celui-ci peut être également dû à un événement tragique, à une amitié, à un amour fusionnel et bien d’autre encore. Malheureusement dans ma vie à moi, j’ai dû en faire plusieurs dont un qui a été particulièrement très dur hormis celui que je suis en train de faire.

Un viol est un deuil

Je me suis faîte agressée sexuellement à l’âge de 9 ans – je vous en avais déjà parlé dans un ancien article en 2017 – par l’un des fils de ma nourrice. Je n’ai plus trop de souvenirs sur le temps que cela à durer, cela fait tout de même 13 ans que cela s’est passé. Ma mémoire est un peu cassée dû à ce traumatisme. Je suis tombée dans la dépression le jour où je l’ai dit à mes parents, j’avais 11 ans. Mon adolescence a été un enfer comme pour moi comme pour mes proches – parents et frères. J’ai été une mauvaise fille car je n’arrivais pas à m’en sortir. Je parlais mal à mes parents – cela m’arrive encore aujourd’hui, à mes proches. J’avais des idées noires tout le temps, surtout la nuit dès l’instant où je fermais les yeux. Le cauchemar commençait comme une pellicule de film. Le scénario était toujours le même avec une telle violence que je ne dormais pratiquement que 3 heures par nuit. Les années passèrent, je m’enfermais dans ma bulle de plus en plus. Au collège et au lycée, c’était la catastrophe et pourtant j’aimais les mathématiques et le français. Je n’y arrivais pas. J’ai été sous anti-dépresseurs pendant 4 ans environ et suivie par un psychologue. Par moment j’interrompais cette thérapie car je trouvais qu’elle me servait à rien vu que je n’arrivais pas à avancer. Il a fallut que j’attende mes 25 ans pour que ma tête puisse tourner la page. Je dis bien ma tête car mon corps n’est pas encore réparé et ne se réparera jamais de ce traumatisme. Les relations que j’ai eues avec certains hommes sont très compliquées mais ça ne fait rien. Soit il reste avec moi pour ma personnalité soit je les dégage le plus rapidement possible avant qu’il me blesse à son tour. À 25 ans, j’ai entamé une thérapie avec une “femme”. La toute première parmi tant d’années passées dans un bureau avec un psychologue homme. J’en avais marre des hommes, il fallait changer. Elle a eu des mots m’ayant aidée à m’en sortir. En fait, dans ce cas de figure, nous en voulons à la victime alors que c’est l’agresseur qui est fautif. Je n’arrivais pas à avancer car j’en voulais à la petite fille que j’étais de n’avoir rien fait. Ni crier, ni taper, ni dit de suite à mes parents ce qui c’était passé. J’ai laissé 3 ans avant de le dire et encore, c’est une amie de l’époque m’ayant demandée de l’avouer à mes parents. Sans elle, je ne l’aurai peut-être pas dit. J’en voulais également à cette amie car si je ne l’avais jamais dit, peut-être que je n’aurai jamais vécu comme ça: des scarifications sur les cuisses, me taper contre les murs, me mentir, me sentir sale et me détester.

Grâce à cette psyhologue-sophrologue j’ai pu m’en sortir. Néanmoins, elle n’a pas fait tout le boulot; j’ai voulu m’en sortir afin d’avancer et d’essayer de construire une vie. Il fallait cette envie pour pouvoir se reconstruire. Sans cette volonté, il n’y avait plus que la mort pour m’accueillir et je ne voulais pas mourir pour LUI. Le chemin a été long, mais j’y suis arrivée. J’ai fait mon deuil même si 5% de reste cohabitent encore un peu avec moi. Cependant, la partie qu’il le représentait a été détruite définitivement.

La mort d’un proche

Que nous perdions un parent, un frère, un ami est une douleur inconcevable. Nous ressentons la même chose. Que cette personne meure d’un accident provoqué par elle ou par une autre, d’une maladie ou d’un suicide; nous restons là inerte mais la vie continue et nous devons faire notre deuil. La douleur et les questions sans réponses peuvent venir nous hanter. Nous pourrions penser que nous pouvions changer ne plus être la même personne, que nous ne pourrions plus jamais rire sans cette personne. Puisons dans notre courage, même s’il n’existe aucune façon de faire son deuil sans douleur. Cependant, ne nous résignons pas à une vie sans bonheur, faisons-nous un travail sur notre perte et lentement, mais surement, nous irons mieux.

En parcourant mon bout de vie, je vous donner quelques petits conseils si vous aussi comme moi vous êtes en train de parcourir un drame, une perte.

Supporter le chagrin

Il faut laisser sortir son chagrin. C’est bête mais c’est un des moyens pour se sentir mieux et ne pas culpabiliser. Trouvez un exutoire pour votre douleur. Faire une certaine activité pendant votre période de deuil, faîtes-la (pas nocive). Pleurer, taper dans votre oreiller, aller courir, crier en forêt le plus fort possible ce sont toutes des façons que vous pouvez faire afin de sortir votre douleur. Moi, je pleure en ce moment et je tape dans mon oreille. Bon parfois je cris mais très peu.

Exprimer ses sentiments auprès des autres peut vous faire du bien. Prévenir votre entourage que vous êtes triste leur permette de prendre des baguettes avec vous. Ceux ne comprenant pas votre peine ne sont pas des gens bons pour vous. Je ne dis pas qu’il faut se plaindre tout le temps mais se sentir écouter vous permettra d’aller mieux ainsi que vous sentir en sécurité. Attention tout de même à ne pas dépasser les limites avec la/les personne(s) prêtant leurs oreilles. J’ai vous pour m’écouter, me lire. Je suis assez pudique sur ma vie personnelle et surtout je n’ai pas envie de vous embêter avec mes problèmes. J’ai remarqué certaines choses: le fait de vous partager mes petites histoires attirent celles n’ayant pas l’habitude de commenter et viennent discuter ouvertement avec moi. Et cela, ça fait du bien de vous lire !

Voir un psychologue n’est pas une honte à avoir. Au contraire, c’est un signe de force car vous avez la pensée de vous faire aider par une tierce personne. Vos amis, vos proches ne sont pas des professionnels des émotions. Donc n’hésitez pas à appeler à l’aide auprès d’un professionnel. J’ai testé l’EMDR pour mon deuil et ça a fonctionné pour certaines parties.

Atteindre le bonheur, est-ce possible ?

Il faut vous éloigner des mauvais souvenirs et ne garder que les meilleures que vous avez partagés avec cette personne. Malheureusement, vous ne pouvez pas revenir en arrière pour empêcher cette mort. Le fait de remémorer le passé douloureux ne fera que faire empirer les choses. Sachez que si cette personne n’aimerait pas que vous soyez si triste ou que vous vous complaisiez dans la dépression. Chaque fois que vous vous sentez tenté à être plus triste, plus en colère ou à vous apitoyer sur vous-même; prenez un journal et écrivez les bonnes choses dont vous vous souvenez à propos de cette personne.

Trouvez-vous une distraction: une association, un loisir semainier, des soirées une fois par semaine, sortir au cinéma ou avec des amis… Déplacer votre concentration vers quelque chose qui vous passionne, qui vous donnera force et courage.

Ne faites pas semblant d’être heureux. Il faut éviter de forcer le bonheur car celui-ci est une chose horrible. Ne faites pas de votre bonheur une corvée ! Il n’y a aucun problème si vous voulez avoir l’air sérieux dans votre vie sociale et au travail, du moment que vous ne faites rien pour empêcher le bonheur des autres. Gardez votre sourire dans des moments vous rendant vraiment heureux, celui-ci sera beaucoup plus doux et plus joli à regarder.

Laissez vous le temps de guérir, il est important de vous souvenir que votre vie est une chose précieuse et que vous êtes responsable d’en retirer le maximum. Le but de chaque être humain est d’être heureux et non l’inverse. Ne pas se précipiter à sortir de votre chagrin mais ne vous contentez pas d’un rétablissement partiel. Le voyage peut être long mais il y a un bien une fin heureuse à celui-ci. Vous vous le devez à vous-même. Relevez-vous et marcher la tête haut sans regarder en arrière, quel que soit le temps que cela va prendre. Je tiens à souligner que chaque être est différent, chaque histoire est différente mais que perdre un être cher reste la même douleur, la même souffrance. Ne soyez pas égoïste avec vos proches ayant perdu une personne proche différente que la vôtre. Ne vous comparez pas à lui ou à elle car elle/il souffre également et arrive à entendre la vôtre. Respectez-le/la et elle/il pourra aussi vous aider.

Un article bien écrit sur “comment faire son deuil“.

 

 

 

2 Comments

  • Bonsoir un article très émouvant et je connaissait pas toute vote histoire et il vous en aura fallu du courage pour pouvoir sortir de la tête de l’eau comme on dit car vous avez passé par des moments difficiles Le deuil peut on faire le faire je sais pas tout ce que jais pour ma part il est pas tout a fait. J’ai perdu ma Maman cela fera 18 ans cette année et il y a pas une journée ou je pense a elle . Elle est partie dans mes bras d’une embolie pulmonaire foudroyante j’étais toute seule avec elle mon père se trouvait a l’hôpital .Pendant plus d’un an tous les soirs je revivais ces moments du coup je dormais pas beaucoup et de plus il y avait mon père on lui a déclaré un cancer du colon 15 jours après le décés de ma mère et a partir de ce moment ma vie a changer. Je suis venue habiter a mari et enfants chez mon père et avec le recul je me dit que c’st la plus grosse connerie que j’ai faites entre la maladie et la jalouse de mon frère j’ai vécu 2 ans d’enfer et j’ai pensé plusieurs fois partir pour aller retrouver ma mère mais j’ai pensé a mes enfants mais cela a été très dur . Du coup j’ai coupé les ponts avec ma famille et maintenant je suis heureuse j’ai de beaux enfants et un petit fils qui est mon rayon de soleil et un super mari depuis 34 ans. Dans la vie il faut avancer et laisser de coté toutes les personnes qui nous sont néfaste .J’ai fait un roman désolée <3

    • La perte de quelqu’un est très difficile. Vous cela a été ta maman. Il faut avancer car la vie mérite d’être vécue même si celle-ci ne nous fait pas de cadeau. L’injustice est partout mais il faut faire avec. Vous êtes une femme forte, courageuse. Prenez soin de vous.

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