J’ai envie de mourir

Je ne l’avais pas penser depuis très longtemps car je me disais que la vie en valait la peine, qu’il fallait que je résiste pour moi, pour ma famille. Aujourd’hui, je n’ai plus envie de faire croire aux gens, à vous de ce bonheur qui n’existe pas. Je le cachais sous mon manteau, sous ma grosse carapace. Cette carapace me protégeant depuis des années voire des siècles de la méchanceté des autres, de l’agression sexuelle, de la dépression, de la maladie, du malheur. J’en ai assez de rire, de rigoler, de sourire car derrière ce sourire existe réellement une souffrance grandissante. Je pensais qu’elle n’existait plus depuis mon opération mais le temps m’a rattrapée et me fait savoir que ce n’est pas terminé. Loin de là, ça recommence. Je viens de poser une question en tournant mes yeux vers le ciel – même si je ne suis pas croyante – en demandant  » pourquoi suis-je toujours envie ? Que fais-je dans cette vie à part être juste là physiquement ? « . Je n’aime pas ce que je suis et non je ne parle pas de physique car j’accepte comme je suis. Certes avec des kilos en trop – 10 kilos – mais ce n’est rien de grave. Ce qui est grave à l’heure actuelle est que  » j’ai cette envie de mourir « , de tout laisser tomber. Néanmoins, je ressens le désir de vivre. C’est très contradictoire ce que je viens de dire, n’est-ce-pas ? Mourir et vivre en même temps, est-ce possible ?

Comment ai-je pu croire que j’allais y arriver ? Comment ai-je pu croire que j’allais réussir dans ma vie ? J’aurai aimé ne jamais exister, ne jamais être sortie du ventre de ma mère. Comment ai-je pu croire qua le vie allait être simple quand je vois que chaque geste que je fais, la vie me punie encore et encore.

Samedi 25 mai 2019 :

Le matin même, mon corps était en alerte mais je ne l’ai pas vraiment écouté. Je me suis dit :  » c’est encore une crise d’endométriose, un petite crise. Un médoc et ça va aller « . Tu parles, ce n’était pas ça. Le contraire m’aurait étonnée. Elle se préparait pour me détruire le ventre, pour me sentir mal, pour me dégoûter de cette vie de merde dans laquelle je résiste. A 23h, j’ai commencé à être mal comme si quelqu’un me poignardait le ventre avec une hache. A 23h40, c’était l’heure de partir. Un vrai cauchemar : tenir jusqu’à chez moi. Éviter de me faire dessus (une grande peur) mais aussi éviter de tomber dans les pommes. J’ai crû mourir, mon corps lâchait petit à petit. Je n’arrivais même pas me mettre en hypnose tellement les douleurs se faisaient sentir. J’avais chaud voire même je transpirai dans mon pantalon, dans mon t-shirt. Je tremblais et je voyais quelque chose de sombre. Un voile s’était mis devant mes yeux et je tenais encore sur mes jambes. Même je parlais à mes amis. Minuit arriva, dès que j’ai posé le pied chez moi…direction les toilettes pour me vider. Je vous passe les détails. J’ai hurlé de douleurs. Je ne pouvais plus me lever des toilettes. A 3h00 du matin, j’ai pu enfin me laver mais les douleurs étaient toujours là malgré 2 antadys et 1 acupan dans le corps. Des médicaments puissants pour une seule personne. J’étais shooté et j’avais toujours mal.

Dimanche 26 mai 2019 :

Après 3h00 de somnolence, je me suis levée pour promener Jafar. On aurait dit un zombie dans les rues de Houilles. Je m’accrochais aux murs de la ville afin d’éviter de tomber par terre. Je massais mon ventre afin de ne pas avoir de crise. Je disais à mon cerveau de ne pas me lâcher et d’avancer. Je suis allée chez mes grand-parents avec grande difficulté. J’avais l’impression que plusieurs camions m’avaient roulée dessus. J’ai eu très mal.

Lundi 27 mai 2019 :

Ce matin-là, je me suis levée avec quelques douleurs mais les grosses avaient disparu. Enfin c’est ce que l’endométriose me fait croire. C’est une maladie vicieuse, un peu narcissique sur les bords.

Mourir pour vivre ou vivre pour mourir ? J’ai envie que la vie m’offre un peu de répit afin que j’avance sans douleurs, sans viol, sans mort. J’ai perdu l’homme de ma vie, je me suis faîte violée, j’ai perdu des gens que j’aimais, j’ai une endométriose; ne penses-tu pas que j’ai mérité d’avoir un peu de réussite dans ma vie ? (je parle à la vie). Laisse-moi aller de l’avance sans me ridiculiser, sans me hanter, sans me dire que je suis moche (pour toi), que je suis grosse (pour toi) et que j’arriverai à rien.

Je ne veux plus me sentir isolée, je ne veux plus me sentir abandonnée, je ne veux plus me sentir délaissée et je n’accepte toujours pas d’être si triste alors que je sens qu’une partie de moi est heureuse de vivre.Le fait de ne pas avoir de mec, d’homme me pèse car je ne sais pas ce que c’est d’être désirée par un homme. Je n’ai pas vraiment eu de relation stable dite sérieuse. Richard était plus qu’un homme, c’était mon âme sœur. Depuis qu’il m’a quittée, mon cœur saigne, mon cœur est brisé en mille morceaux. Et parfois, c’est pour cela que j’ai envie de tout plaquer, de tout laisser tomber…car il me manque énormément. Le rejoindre serait tellement plus facile mais…

J’AI PEUR DE MOURIR !

4 Comments

  • Hou la la il faut chasser cette idée de votre tête je sais c’est facile a dire mais je sais de quoi je parle j’ai eu moi aussi cette idée quant tout allait mal, j’avais perdu ma mère mon père qui me reprochait de l’avoir laisser mourir , sa maladie plus l’alcool après qui na pas arrangé les choses et mon frère qui m’a mis des batons dans les roues un ras le bol pas possible une dépression mais heureusement j’avais mes enfants et mon mari sinon j’aurai passé a l’acte. Alors il faut penser a votre famille et aller de l’avant forcez vous a vous dépasser selon votre santé évidemment . Alors bon courage soyez forte bisous

    • Merci beaucoup à vous. Je ne passe pas à l’acte car j’ai ma famille encore avec moi et heureusement car elle m’aide que je sois bien ou non. C’est difficile mais j’espère qu’un jour la roue tournera et que je m’en sortirai. Bisous à vous et prenez soin de vous. 😀

  • Il y a des termes très durs dans ce que tu dis.
    Je ne peux pas te comprendre je sais. seulement rappelle toi que notre bonheur ne tient qu’à nous. Alors l’endometriose n’aide pas évidemment, je vois que c’est l’horreur pour toi… Alors l’amour, le travail, ça viendra patience, ça viendra mais aussi à toi de faire l’effort de les laisser venir. L’ami que tu as perdu n’accapare t’il pas encore trop ton cœur ? Il ne s’agit pas de l’oublier mais l’accepter. J’ai eu mon lot de casseroles aussi, maintenant je suis en paix. Je ne sais pas trop comment à vrai dire. Je suis désolée si c’est peut-être un peu brut, mais bats-toi, vraiment. La force mentale est une arme.

    • Non ce n’est pas brut. Je ne le prends pas mal. Chaque conseil est bon à prendre. Je dois faire le tri. La personne qui est morte est une énorme partie de moi. J’allais faire ma vie avec lui dès la sortie d’hôpital après mon opération. Je serai partie avec lui à New-York et vivre avec lui Alors non je ne peux pas encore fermer la porte sur lui. Cela prendra du temps mais j’y arriverai. Pour le reste oui il n’y a que moi qui puisse faire quelque chose. Me battre, je suis assez fatiguée car j’ai vraiment l’impression que la vie ne veut pas de moi. Mais je ne la laisserai pas faire. Nous avons tous notre vécu et chacun est différent. Il faut se relever pour aller plus haut la prochaine fois. Je te remercie pour tes conseils et de ton soutien. Je t’embrasse fort ! Bisous et prend soin de toi également 😀

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